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Les politiques confisquent le premier débat public sur le projet d'autoroute

 

 

Comme une évidence, la réunion publique d'hier soir, à Garnay, concernant le projet d'autoroute, a mis en exergue la profonde fracture existant entre les politiques de tous bords et les citoyens. Les préoccupations des uns et des autres ne sont certainement pas les mêmes, c'est indubitable, même au niveau local.

Il s'agissait là de la toute première réunion-débat d'information publique à propos du fameux barreau ouest devant contourner l'agglomération Drouaise, dans le cadre d'un vaste projet visant à relier Orléans à Rouen. Une opération englobant la RN 154, et dont au moins trois tracés potentiels existent. Si tous passent inéluctablement par Garnay, une douzaine d'autres communes du Drouais sont plus ou moins concernées. C'est pourquoi, hier soir, dans une salle des fêtes bondée, des habitants inquiets de toute la région avaient fait le déplacement pour assister à cette réunion coordonnée par l'AVERN (Association vernolitaine pour un environnement respectueux et nouveau).

 

 

Les élus s'opposent, les citoyens râlent

 

 

Le sujet étant bien évidemment très sensible, des femmes et des hommes politiques de droite comme de gauche étaient présents. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas fait de la figuration, confisquant même le débat durant une heure trente. Prenant dans un premier temps chacun la parole afin d'expliquer les enjeux de l'autoroute (environnement, tracé, péage, impact sur le développement économique), presque tous ont expliqué qu'ils n'y étaient pour rien, qu'il s'agissait là d'un projet imposé par l'État, dont aucun représentant n'était d'ailleurs présent dans la salle. Une belle unanimité de façade qui s'est craquelée au fil de diverses interventions d'élus dénonçant l'absence de réflexion et de choix, réfutant la thèse que seule une autoroute payante était possible pour désengorger l'axe Orléans-Rouen.

 

 

Dès lors, des échanges ont été un peu vifs entre élus, comme lors de débats électoraux, une situation qui, après avoir provoqué de sérieux grincements de dents de la part du public, a dégénéré en une certaine colère, voire une hostilité à l'égard de tous les politiques, quels qu'ils soient. Ces derniers ont été attaqués non pour ce qu'ils sont, mais pour ce qu'ils représentent, et très rapidement les récriminations des uns et des autres ont largement dépassé le cadre du thème de la réunion, comme un exutoire pour des citoyens et des électeurs déçus.

 

 

Prise de conscience et volonté de se battre

 Au-delà de tous les aspects expliqués par les édiles, les habitants du secteur se posaient des questions certes prosaïques mais ô combien légitimes quant au futur tracé, aux conséquences sur les habitations, l'environnement, la dépréciation des biens, les nuisances, etc. Sans réponse possible des élus, le projet n'étant encore qu'embryonnaire. Également, nombre d'entre eux ont semblé surpris de constater que dans la décision prise fin janvier par le préfet, l'autoroute passe inéluctablement sur une portion du territoire Garnetais ; certains, en effet, pensaient que leur secteur représentait seulement une des possibilités, mais non un site incontournable. En réalité, la première mouture sera présentée d'ici dix-huit mois, suite aux études de toutes sortes, et seulement à partir de ce moment commenceront les consultations publiques obligatoires. Et là, les habitants ont bien saisi qu'il n'était pas forcément trop tard pour faire capoter ce projet en s'organisant rapidement pour proposer une vive opposition à l'autoroute. Car peut-être que l'unique joker de Garnay, à savoir son inclusion dans une zone environnementale protégée par Natura 2000, ne suffira pas à arrêter la toute puissante volonté étatique.

Fabrice Hodecent.

Tag(s) : #revue de presse

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