ECHO REPUBLICAIN 10 SEPTEMBRE
Les marcheurs disent non à l'autoroute
Une centaine d'opposants au projet d'autoroute qui traverserait les vallées de la Biaise, de l'Eure et de lAvre ont marché hier matin dans les environs de Garnay.
PASCAL BOURSIER
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Jacques Alleli, un marcheur émérite qui habite Vemouillet,
ne subirait ni nuisances sonores, ni nuisances visuelles si le projet d'autoroute A154 (dAllaines à
Marville-Moutiers-Brûlé et de Marville-Moutiers-Brûlé à Nonancourt) devait voir le jour. N'empêche, hier matin, il a chaussé ses baskets
pour participer, en compagnie d'une centaine d'autres
marcheurs, à la randonnée organisée par lAssociation gametaise sports et loisirs et l'Association de sauvèrgarde du cadre de vie et de l'environnement de Gamay.
«Je ne suis pas directement concerné, c'est vrai. Mais ces chemins
dans la vallée de la Blaise, entre Garnay et Tréon, puis à Chambléan, tous les marcheurs
de la région les fréquentent parce que c'est un superbe coin. Une autoroute ici, ce serait un
vrai massacre de la nature ! »
« Nous voulons participer au débat »
A son côté, Olivier Fontaine, lui aussi Vernolitain.
Olivier, vététiste, a coutume d'emprunter ces chemins à travers bois et champs. « Alors, une autoroute au milieu de tout cela, on n'ose pas imaginer
», dit-il. Puis, fronçant le sourcil, il ajoute : « Ce projet, je suis contre aussi parce que je vais à Chartres très souvent. Alors, quand ils disent que la route nationale
154, que nous avons déjà payée avec nos impôts, sera mise en péage, .donc payante, là on frise le
scandale », analyse le jeune homme.
Route à quatre voies payante, pollution, destruction des sites naturels reconnus
au niveau européen (Natura 2000), nuisances sonores, c'est pour protester contre ce que promet le projet d'autoroute A154 que les deux
associations garnetaises ont mobilisé hier matin. Détermination et humeur bon enfant : « Nous sommes
des gens pacifiques. Qu'en haut lieu, on se rassure : nous ne voulons ni barrer les routes, ni nous livrer à des exactions
quelconques. Nous sommes apolitiques, citoyens et démocrates. Et à ce titre, nous voulons simplement
participer au débat en toute transparence », a rappelé Bertrand Thierry, président de
lAssociation de sauvegarde du cadre de vie et de l'environnement de Gamay
Ce village, comme celui d'Escorpain, plus à l'ouest sur le
plateau, prendrait une sacrée cicatrice si l'autoroute venait à passer. A Chambléan, hameau de Garnay d'une
quarantaine de maisons, le ruban d'asphalte passerait à moins de 400 mètres des
habitations avant de dégringoler dans la vallée de la Biaise et grignoter les terres du
remarquable château gametais. « L'horreur » dit une dame. « Avec le vent d'ouest
dominant, on prendrait la pollution en plein nez. » Même les chasseurs protestent : « A Garnay, il y a beaucoup de gibier. On veut le garder », explique Etienne Hallouin.
Pas question pour autant, pour la majorité de ces
opposants, « de renvoyer l'autoroute vers Tréon ». Leur espoir ? Le Grenelle de l'environnement qui se tiendra à l'automne. " Jean-Louis Borloo, ministre du
Développement durable, vient de recevoir « un dossier très
argumenté » contre l'autoroute A154.
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